dimanche 3 juillet 2016

Couche-dehors




Regarder les étoiles et rêver

Se laisser gagner

Par la féerie du monde

Un monde infiniment habité

Un univers infiniment vivant

Infiniment plus vivant

Que tout

Tout ce que peuvent divaguer

Nos rêves



Regarder

Admirer

Contempler

De la vertigineuse profondeur

De l'infiniment petit

À l'immensurable spectacle

De la voie lactée



Et nous


Au bord de notre galaxie

Promenant notre vie

En vagabonds du temps



Et

Le long de ce rivage infime

Sur cette plage dont jamais

Nous ne verrons la fin

Te croiser

Te rencontrer

Et comme un baladin

Des mots qui s'envolent



T'aimer





Jean-Pierre Gardelle


3 juillet 2016

samedi 10 janvier 2015

Je suis Charlie

Absurde. Surréaliste. Insensé.

A tous ceux qui sont tombés 
lors des trois jours sombres
qui nous ont tous touchés. 

Les familles crient leur douleur
Ils ont perdu l'un des leurs.

Candido Portinari, "Criança Morta" (mort de l'enfant).




Il semble
Que notre monde erre, 
Emprisonné 
Dans un tourbillon de douleur
Englouti 
Dans l'absurde et la mort.

Leonora Carrington, La Berinto, 1991



Comment oublier 
les Juifs dans cet hommage.
Ils ont été explicitement visés
dans ce qui s'est passé hier.

Samuel Bak - Anciant Memory, 2008



Nous pleurons sur la bêtise, 
Comme il pleut sur la ville.
Mais il faut que s'illuminent
Les lumières de la vie.

Jeremy Mann - Rue de la Poste sous l'averse - Post Street Downpour, 2013
Un peintre américain, à cause du 9/11


Dans la douleur, 
non dans la confusion.

Un artiste Arabe pour refuser les amalgames.

Abdel Malik Nounouhi - "La terre est ma patrie et l'Humanité est ma famille"





Puissions-nous être semeurs de Paix.

Georges Underwood, "The sower", (le semeur)


jeudi 6 novembre 2014

Pub

Pub

Elle roule dans ta tête
Elle dévale tes pensées
Tu roule avec elle
Dans la brèche
Emporté
Par son avalanche

Trop d'images
Trop de messages
Trop de pubs
Trop de tracts
Trop d'infos

Tas de journaux
Livrés par lots
Gratuite la pub
Jamais n'en tarit le flot
Trop d'images
Trop de tout

Marre de la pub


Noël-course

Noël course

Noël-course-courses
Noël au pas de course,
Course-poursuite.

Noël est devenu fatiguant. 
Vite, pour préparer la veillée. 
Ne pas oublier un cadeau pour ... 
Noël épuisant.

L’électronique rengaine
"Petit papa Noël..." 
Crisse 
Dans nos oreilles.

Clignotements 
De lumières syncopées, 
Goudron brillant sous la pluie. 

Les reflets des devantures 
Colorient le noir de l'asphalte 
De toutes sortes de mirages. 
Mirage. 
Noël surmenage.

Noël-commerces-gymkhana-chariots débordants-carte bancaire asséchée...
Et nous aussi.

       -¤-¤-¤-

Pendant ce temps, 
Il attend. 
Patience infinie de Dieu 
Qui appelle, et attend. 

Il attend
Que nous lâchions 
Nos sacs, nos soucis. 

Il attend
Que le tourbillon 
dans notre tête se calme. 

Il attend
Que nos oreilles
Trouvent un moment de calme. 

Il attend, 
Car il est patient. 
Et 
Dans un moment de silence
enfin consenti, 
Nous invite à l'essentiel. 

       -¤-¤-¤-

Silence.

       -¤-¤-¤-

Dans le brouhaha d'une foule 
Venue à Bethléem, 
Sonne le pas discret
De quelques bergers 
Insignifiants 
Se frayant un chemin.

A contresens de la foule. 

Ils ont entendu l'appel, 
Et y ont répondu.

Alors, 
Là enfin, 
C'est vraiment Noël. 

Magnifique.

Jean-Pierre Gardelle, 6 nov 2014

dimanche 26 janvier 2014

Emmanuel Peccatte



Traces verticales
Empreintes digitales

Fragrances d'émail
Rougeoyant corail

Sinueuses ardentes
Cannelles flamboyantes

Jean-Pierre Gardelle, 
sur une oeuvre d'Emmanuel Peccatte
http://itineraires-ceramique.com/fr/emmanuel-peccatte.html



vendredi 7 juin 2013

Dans ses rêves

Dans ses rêves, dans son cœur,
Dans ses yeux, dans son monde,

Dans son monde
Les amandiers sont bleu-ciel
Dans son monde
La note mouille sa douce langueur
Dans son monde
Le mimosa embaume la nuée
Dans son monde
Le soir elle accroche la lune


Dans ses rêves, dans son cœur
Dans ses yeux, dans son monde


Dans ses yeux
Des filaments de soie en nuées fragiles
Dans ses yeux
S'attarde un si profond abîme
Dans ses yeux
Une main de brume l'attire vers elle
Dans ses yeux
La lumière allume les plus délicieux fruits


Dans ses rêves, dans son cœur
Dans ses yeux, dans son monde


Dans son cœur
Les oiseaux flûtent des chants capricieux
Dans son cœur
La timbale sonne son orgueil ambitieux
Dans son cœur
La voix chansonne un sonnant ennui
Dans son cœur
Sans fin le papillon noir fuit


Dans ses rêves, dans son cœur
Dans ses yeux, dans son monde


Dans ses rêves
L'étrange nuit bouscule la nuit
Dans ses rêves
Le fier clocher carillonne sans bruit
Dans ses rêves
L'escalier descend là-haut vers l'ultime seconde
Dans ses rêves
Le quai luisant s'avance vers le bord du monde

Dans ses rêves, dans son cœur
Dans ses yeux, dans son monde


Dans son monde
Vogue en solitaire un voilier silencieux
Dans ses yeux
Croise un trois-mats sur la mer camaïeu
Dans son cœur
Une sirène inconnue chante la vibration
Dans ses rêves
Elle s'en va en silence dans ses draps vermillon

Jean-Pierre Gardelle, juin 2013

Amjad Rasmi

Sa vie ne tient
Qu'à un fil
Tendu d'une genèse
A un accomplissement
Il tient le balancier
Du cœur et de la raison
Il avance prudent
Entre deux gratte-ciels
Entre deux paradis
Perdus
Le premier
Il l'a quitté en naissant
L'autre est loin
Loin là-bas à gagner
La récompense suprême
D'avoir bien tenu le balancier
D'avoir évité la chute
Atteint le but
Il tient le balancier
Prudent sur le fil
Sur le vide
Entre l'amour
Et la raison
Il doit sans cesse osciller
Sans jamais se décider
Car s'il se décide à choisir
Il tombe
Il tombe
Il tombe mais...
Est-ce si dur
De tomber
Si le cœur
A gagné ?